Alain Iametti

Qui est-il ?

Né à Orange le 07/07/1942. Franco-Provençal, d’origine Suisse. 

Formation : 1961 Ecole Militaire d’Antibes, Creps, Relations publiques, IFG management/gestion, CNAM DESA. ZDaF d’allemand Goethe-Institut, certificat-chinois Fac Lyon.

Cursus : 3 ans d’armée, prof de gym, VRP, formateur commercial, responsable communication audio-visuelle, réalisateur indépendant, insertion professionnelle des adolescents placés sous tutelle juridique. 

2002 : retraite, Shenyang en Chine du Nord-Est quatre ans dans une école de langues. 2006/14 : pèlerinages à Compostelle.

2010 : écriture. 

2016 : création Les Editions Alain Iametti, quatre pièces de théâtre, un récit.

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Qu'écrit-il ?

Kolya est parmi nous

Le Pacte Molotov-Ribbentrop signé le 23 août 1939 provoque à Paris la rupture de relations entre deux étudiants communistes. Kolya fera toute sa carrière dans la nomenklatura française…
Paul est biologiste, il a rompu avec le communisme le jour de la signature du pacte… il est exclu de la cellule du parti condamné à mort et considéré comme un traitre à la cause marxiste… il fuit.
54 après, ils se retrouvent pour la première fois…
C’est le face à face et l’acte final dramatique des deux destinées…

Comme il ne veut pas entrer dans les cases, Alain Iametti nous propose un texte qui présente son approche littéraire : c'est une lettre d'un exilé à la Kolyma qui lui écrit de Russie pour lui rappeler de bons souvenirs...

Moi, Grégor Sémionovitch Gotzkine…

Mon vieil ami alain = (мой старый друг… moy staryy drug)… je t’informe que j’ai bien reçu ton livre « Kolya est parmi nous »

 

J’ai lu ton bouquin, tu as remué tous mes souvenirs endormis et je viens de pleurer comme la madeleine de Proust. Maintenant, je suis à Tcherski à l’embouchure de la Kolyma non loin de l’Océan Arctique, il fait – 20°, la Kolyma est gelée bien sûr. J’ai débouché une bouteille de vodka, on trinque avec mon ami Dimitri Pasha Popovitch, on va aller à la pèche à quelques kilomètres de là… je finis ma lettre pour la poster…

Mon vieil alain… je me souviens en 40, je t’ai laissé au métro Michel-Ange Molitor, c’est la dernière fois que je t’ai vu… je ne donnais pas cher de ta peau…  c’était la guerre pas vrai !

J’ai jamais compris pourquoi tu avais ce Kolya comme ami. Un vrai communiste qui n’aurait jamais porté la valise d’un Zek, il portait seulement les valises des cadres… ça oui quel arriviste ! Toi, tu portais rien… tu discutais de la doctrine… tu savais bien qu’on s’en foutait de ces textes, mais tu continuais. Nous, ce qu’on voulait c’est le pouvoir. A la libération grâce à votre général j’ai pu repartir à Moscou… là j’ai été arrêté… j’étais un espion parce que j’avais vécu en France… on m’a envoyé à la Kolyma… j’y suis resté…

Ça fait combien de temps tout ça… en 40, j’avais 25 ans… oui j’ai 120 ans à présent… et pourquoi pas ? Tu sais le froid conserve. On vient me voir de très loin, je raconte toujours la même chose… dans 120 ans ce sera la même histoire : Un type révolutionnaire arrive, il promet le rêve éveillé, tous les bobos se précipitent avec la gamelle… alors parce que ça ne vient pas assez vite… ils bousculent le temps… coupent les têtes… on ne les compte plus… tout le monde s’en fout… on oublie… un autre recommence… ça dure depuis 1798… ça remplit les livres d’histoires…  

Ah ! Je me souviens de tes histoires de fourmis qui élèvent les pucerons pour les traire… une belle métaphore sur la bêtise humaine… on imaginait les fourmis avec les seaux… s’assoir sous les pucerons comme pour traire les vaches… qu’est-ce qu’on a ri en pensant aux pucerons qui avaient des cloches au cou…   

Bon, j’y vais, le poisson n’attend pas. Je te bise mon alain prends soin de toi. Salut Lyon de ma part, je me souviens toujours de la ficelle qui montait à l’église. Ecris une suite… tu me l’enverras ! 

A bientôt. 

до скорой встречи (do skoroy vstrechi)

Grégor Sémionovitch Gotzkine

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